Au cœur de l’organisation familiale : la maitrise du budget (1)

Budget

Alors là ami lecteur, nous attaquons ce qui constitue le cœur de toute bonne stratégie d’efficacité familiale à savoir la maitrise du budget. N’ayant jamais reçu la moindre éducation financière ni de l’école ni de mes parents, j’ai vécu pendant des années avec la boule au ventre à chaque fois que je me connectais sur le site de ma banque (bon OK je suis un peu du genre stressé).

Je peux vous dire qu’avoir une méthode solide de gestion de budget change vraiment la vie, c’est quelque chose que beaucoup de gens intuitent mais que peu savent mettre en œuvre de manière efficace.

La plupart du temps, on se promet qu’”on fera attention” mais le problème est qu’un budget est mis en vrac par l’accumulation de petites dépenses indolores qui ne font pas sonner la petite alarme intérieure du “faire attention”.

Une autre approche que j’ai souvent vu est de fliquer les dépenses en checkant toutes les facturettes en fin de semaine ou en fin de mois. C’est long, pénible et ça ne sert à rien sauf à générer des reproches et des disputes dans le couple.

Il existe un logiciel très bien fait de Microsoft qui s’appelle “Money©” et qui vous permet de savoir en détail comment vous dépensez votre argent. Sauf que, là encore, ça ne sert à rien, je n’ai jamais compris l’utilité de ce truc. Si quelqu’un peut m’expliquer, je suis preneur.

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Il existe une solution qui marche et qui ne demande pas trop d’énergie une fois qu’elle est bien en place, c’est de déterminer de manière précise la limite de ce qu’on peut dépenser et de s’y tenir à tout prix.

Comme je l’ai déjà évoqué dans un précédent post, il est absolument indispensable de passer de “l’approche dépense” (‘je fait attention à moins dépenser”) à “l’approche budget” (“je fais attention à ne pas dépasser tel montant de dépense par mois”). Chacun a son budget alloué et s’y tient.

A la limite, je me fiche de savoir comment mon épouse dépense son alloué (et je ne le vérifie d’ailleurs jamais), tout ce qui m’importe est qu’elle ne dépasse pas la somme convenue (et inversement en ce qui me concerne). Je ne me balade pas avec une pile de facturettes, je ne passe pas mes weekends à faire des comptes d’apothicaire, je ne fabrique pas de graphes de mes dépenses triées par types, je vérifie seulement une fois par mois que le niveau de la dépense est resté dans les clous, c’est tout.

Mais avant toute chose, il faut construire son budget. Un budget se travaille au mois et se compose du ou des revenus de travail (R) et de 3 grands familles de dépenses :

– ce que je dépense dans ma vie courante (DVC) pour me nourrir, m’habiller, me chauffer, me loger, etc. ;

– ce que je dépense pour investir (DINV) ;

– ce que je dépense pour épargner (DEP).

Si vous le souhaitez, vous pouvez rajouter une 4ème famille de dépenses particulière : ce que je dépense pour aider (DAI) qui regroupe tous les versements vers des associations humanitaires ou vers des proches en difficulté.

La première règle d’or à respecter c’est que – sauf circonstance exceptionnelle – il y’a toujours plus d’argent qui rentre que d’argent qui sort de votre foyer sur un mois ;  ça veut dire concrètement R = DVC + DINV + DEP (+ DAI), ni inférieur (vous perdez de l’argent), ni supérieur (vous perdez du plaisir), égal (ou légèrement supérieur) tout simplement.

La deuxième règle d’or, c’est qu’à chaque famille de dépense correspond un compte bancaire différent car c’est grâce à cela qu’on maîtrise son budget. J’ai expliqué ce point en détail dans un précédent article. Pour rappel, vous versez les revenus du travail sur le compte DVC.

Si vous êtes encore là, on peut commencer par construire notre budget en y allant pas à pas.

1ère étape : établir les dépenses VIE COURANTE

Commençons par le plus dur, la famille “dépenses vie courante” (DVC) qu’il faut établir en priorité : il s’agit d’identifier tous les postes qui correspondent à des dépenses récurrentes et les ramener à leur valeur au mois. Pour cela, il faut utiliser Excel (ou un autre programme de tableur) pour établir le tableau des DVC.

Le plus simple, pour commencer, est d’utiliser les relevés bancaires afin d’identifier les principaux postes de ce tableau.

Voila par exemple ce que ça donne (évidemment, il faut compléter la colonne « SOMME/M ») :

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Dans la mesure du possible, il faut essayer d’être systématiquement mensualisé sur les différents postes de dépenses (en particulier les impôts) et de les passer en prélèvement automatique. Ça simplifie considérablement la vie et en quinze ans, j’ai eu très peu de problèmes d’erreurs de prélèvement, pour ne pas dire aucun.

Si on regarde l’exemple de tableau DVC ci-dessus, on constate que toutes les dépenses sont récurrentes mais pas forcément identiques d’un mois sur l’autre. C’est par exemple le cas du poste « Electricité » (qui dépend de ce qu’on consomme à l’inverse des abonnements forfaitisés de type “internet”). Dans ce cas, on part d’une valeur estimée avec une petite marge de 10% et on affine au fur et à mesure du temps.

Evidemment, si vous avez un ou des emprunts à la consommation, il faut les identifier et les intégrer dans le tableau DVC.

La ligne “Paie femme de ménage” (OK j’avoue, j’ai lâchement sous-traité cette tache familiale qui me revenait en partie) génère un crédit d’impôt sur l’année suivante mais il ne faut pas le prendre en compte car le tableau DVC est un “tableau de flux” : on s’intéresse à ce qui rentre et à ce qui sort, pas à ce que ça coûte réellement.

Si j’avais eu à supporter des trajets lourds et fréquents qui génèrent de gros frais d’essence et d’autoroute, j’aurai pu rajouter un poste “Dépenses trajet”. Dans un précédent post, j’évoquais notre vie à Paris qui m’avait amené à créer un poste “Parking voiture” dans notre budget DVC.

Les lignes “abonnements magasines”, “abonnements services informatiques”, “abonnements services financiers et juridiques” concernent tous les abonnements et services bancaires souvent payés à l’année mais que je mensualise pour les réintégrer dans le budget. Pour les sportifs, les dépenses de sport (abonnement salle de sport, etc.) peuvent être intégrées par ce biais là également.

J’utilise également le tableau DVC pour centraliser d’autres informations importantes : la colonne “jour de prélèvement” permet de dimensionner les liquidités qu’il faut laisser sur le compte courant afin d’éviter de laisser de l’argent dormir ; c’est pour les perfectionnistes, je ne détaillerai pas ce point là ici. Plus importante, la colonne “description” permet de centraliser les informations de type numéro de contrat, numéro de service client, Login/MdP pour l’accès internet, etc. correspondant à un abonnement. C’est quelque chose de très utile qui m’a rendu souvent service et que je recommande fortement.

Le plus délicat dans le tableau DVC concerne les lignes “Dépenses Elle” et “Dépense Lui” que nous appelons également le “budget carte bleue” (ou encore « budget Carrefour » car il n’y a que cette chaîne de supermarché prés de chez nous). Nous en parlerons lors d’un prochain post (celui là est déjà bien assez long comme ça).

D’ici là, faites l’exercice d’identifier les différentes lignes de votre tableau DVC en vous appuyant par exemple sur votre relevé bancaire et de compléter la colonne “description” des informations utiles. Si vous avez des questions, laissez le dans les commentaires, je tacherai d’y répondre.

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