Pour vivre heureux, raisonnez « budget » et non « dépenses »

BudgetCrédit photo Tax Credits

A un moment de ma carrière, on m’a nommé chef de projet et responsable d’un budget (un « alloué ») qui était découpé en différents postes avec, en particulier, un poste « frais divers » pour les dépenses de restaurant, de déplacement, d’hôtel, etc. Ce poste m’a permis de payer quelques restaurants forts sympathiques à des clients ou à mon équipe.

Le fait de disposer d’un budget dans lequel quelques pourcents étaient réservés à ces frais m’a permis d’en profiter sans culpabilité. Si mon manager n’avait pas créé ce poste dans l’alloué, j’aurai saupoudré ces dépenses sur les autres postes avec l’angoisse de provoquer des dépassements et j’aurai cherché à tout prix à les réduire. Mais dans la mesure où ces quelques pourcents étaient réservés à ces dépenses, je n’avais pas de raison particulière de les économiser. Ma mission était de rester dans les limites de l’alloué, pas de dégager un bénéfice.

Ce principe s’applique également à la vie de tous les jours : au lieu d’éplucher les dépenses de votre conjoint et de lui sortir « hé chéri, tu t’es fait plaisir avec les dépenses de fromage ce mois-ci, faut faire gaffe mon amour ! », vous lui allouez un budget cohérent des moyens du foyer et il se débrouille pour rester dedans. Et idem pour vous-même. Evidemment vous convenez ensembles de vos alloués respectifs.

Raisonner en budget plutôt qu’en dépense permet de gagner en sérénité car in fine, l’objectif n’est pas de dépenser moins, l’objectif est d’équilibrer votre budget en mettant de côté ce que vous avez prévu d’épargner, ni plus ni moins. L’autre avantage est de s’inscrire dans une véritable relation de partenariat avec votre conjoint et non de l’infantiliser comme ça se passe trop souvent quand un des conjoints à décidé qu’il tiendrait les cordons de la bourse.

A l’époque où nous nous sommes connus, mon épouse était une vraie parisienne, entraînée à repérer les rares places de parking libres et à se garer dans un trou de souris en quelques secondes. Un jour je lui ai fait la réflexion :

– Chérie, pourquoi tu te casses à chercher une place de parking dans la rue au lieu de rentrer dans ce parking Vinci qui est au coin de la rue ?

Oui mais c’est cher

– C’est pas la ruine non plus ! (2-3€ de l’heure)

– Oui mais ça fait de l’argent à force

– Ecoute, je te propose de créer une ligne « parking » dans notre budget doté de disons 30€/m pour commencer, on verra par la suite pour ajuster si besoin. Quand tu as besoin de te garer, tu te dis « c’est dans le budget » et tu y vas sans te culpabiliser. Evidemment il faudra trouver ces 30€/m quelque part dans le budget mais je pense que ça vaut le coup par rapport à tout ce que tu vas gagner en temps et en stress, sans compter les accidents potentiels pendant les manœuvres de parking.

Après cela, ma femme rentrait dans les parkings payants au lieu de se casser la tête à trouver une place gratuite dans ce moloch congestionné qu’est devenu Paris. Elle s’est vraiment simplifié la vie sans culpabiliser par ce que ça lui coûte : c’est dans le budget… Au début, elle faisait attention de ne pas dépasser ses 30€/m mais elle s’est rendu compte que ce montant dépassait ce qu’elle consommait en général sauf en de rares occasions : les gains compensaient largement les pertes. Elle a fini par arrêter de compter et s’est complètement débarrassé de cette source de stress.

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