Ce que la Bourse m’a appris sur la Vie

TradingCrédit photo Nick Harris

Comme vous avez pu vous en rendre compte à la lecture de plusieurs articles de ce blog, une de mes grandes passions est la Bourse couplée à la macro-économie.

La Bourse est une façon parmi d’autres d’investir son argent et même, pour les plus doués, de gagner sa vie. Mais c’est un art difficile et beaucoup s’y cassent les dents.

Quel que soit le style qu’on utilise, « investisseur » ou « spéculateur », la Bourse est, à sa façon, une école de la vie. J’y ai appris beaucoup de choses qui m’ont vraiment aidé à progresser dans la vie de tous les jours. Personnellement, je suis dans l’approche « spéculateur » car, contrairement à ce qu’on croit souvent, elle est moins risquée que l’approche « investisseur » dans la mesure où on reste discipliné sur la maîtrise de son risque (qu’on appelle en bourse le « money management »).

C’est en effet la première leçon que m’a appris la bourse : on ne gagne pas en cherchant avidement les gros coups. A ce petit jeu-là, j’ai plus souvent perdu que gagné, comme l’immense majorité des traders. La bourse, comme la vie, est un jeu de gagne-petit qui consiste à engranger régulièrement des petits gains grâce à une approche hyper-disciplinée qui limite le risque de perte. Il faut toujours que l’espérance de gain soit intéressante par rapport au risque qui est pris sinon ça devient de la loterie et on finit rapidement à sec.

Ce qui nous amène à la deuxième leçon : la patience. C’est la principale qualité du bon trader. Elle consiste à savoir rester inactif pour n’agir qu’au meilleur moment, pour ne saisir que la meilleure opportunité. Un de mes amis – plutôt fortuné – disait souvent : « quand tu achètes quelque chose, il ne faut jamais être pressé ». Mais la plupart du temps, la peur de louper quelque chose, le besoin de décider et d’agir sont trop forts, surtout dans notre société occidentale. Les civilisations orientales sont beaucoup plus patientes et sur le long terme, c’est quelque chose qui paye.

La troisième leçon, c’est de savoir profiter des opportunités. En bourse, on appelle ça « pyramider ». Cela consiste à parier sur une action avec un niveau de risque raisonnable puis à découvrir qu’on a déniché une roquette qui crève le plafond. En étant suffisamment malin, on peut alors accroître son niveau d’exposition sur cette action sans augmenter son risque et obtenir alors des gains très élevés. Beaucoup de traders très rentables ne doivent leurs gains à l’année qu’à 3 ou 4 roquettes qu’ils ont su habilement exploiter.

Ce qui nous amène à la 4ème leçon : ne pas se laisser aveugler par ses convictions et savoir surfer sur la tendance (le « momentum »). Il n’est pas forcément nécessaire de savoir prévoir cette tendance (et la plupart des traders en sont bien incapables) mais une fois qu’elle est en place, il faut savoir accompagner le mouvement. Beaucoup de gens talentueux se cassent les dents sur des paris intelligents et bien pensés mais qui sont à contre-tendance (soit trop tôt, soit trop tard, soit jamais) alors que d’autres, beaucoup plus médiocres, réussissent en se lançant simplement dans le business tendance du moment et en se laissant porter par le courant.

Au moment de la crise des subprime en 2008, la banque Goldman Sachs s’en est plutôt mieux tiré que ses concurrentes et, après coup, tout le monde a crié au génie. En réalité, Goldman Sachs avait commis exactement les mêmes erreurs que tout le monde. Son seul talent est d’avoir senti le vent tourner et de ne pas s’être obstiné sur ses modèles à l’inverse de Lehman Brothers ou Bear Stearns qui ont péché par orgueil. De manière pragmatique (beaucoup diront « cynique »), Goldman Sachs s’est mis à faire l’exact inverse de ce qu’elle faisait la veille quand les choses ont commencé à dégénérer à l’été 2007 (ce qui a d’ailleurs contribué à accélérer la chute des marchés).

De la même façon, j’ai souvent rencontré dans mon entourage des gens qui ont des convictions politiques très fortes mais qui refusent de voir qu’il vaut mieux accompagner une tendance, même imparfaite, pour se rapprocher de son but plutôt que de perdre glorieusement en ne concédant rien.

Mais ce que la Bourse m’a apporté de plus important, c’est la compréhension fine que rien ne va jamais en ligne droite. Les cours montent et descendent et sur la durée, une tendance se dessine, à la hausse ou à la baisse mais il est très rare que cette tendance se fasse en ligne droite. Quand ça arrive, ça veut dire que vous avez eu la chance de tomber sur une roquette. Dans la vie c’est pareil : vous aurez un objectif et il faut accepter l’idée que vous l’atteindrez cahin-caha. Certains jours vous feront avancer, d’autre vous feront reculer. Ne vous laissez pas surtout ronger par vos échecs. Ce n’est qu’en étant suffisamment humble, suffisamment obstiné et suffisamment patient que vous aurez un jour la surprise de découvrir que vous avez finalement atteint le but que vous visiez.

Merci de m’avoir lu. Si vous avez aimé cet article, n’hésitez pas à le partager.

Be the first to comment on "Ce que la Bourse m’a appris sur la Vie"

Leave a comment

Your email address will not be published.


*