« Amor Fati » : Comment surmonter un drame personnel?

A un moment de notre vie, nous vivrons tous un drame affreux, incompréhensible, injuste. Un divorce, une maladie, un décès, une trahison.

Si ce n’est aujourd’hui, ça sera demain.

Nous devons nous y préparer : apprendre à trouver les ressources pour se relever, retrouver la joie du cœur et continuer d’avancer.

Le 1er juillet 2021, mon couple est mort. C’est mon drame à moi.

Ma femme est venue me voir et m’a dit : « je veux qu’on se sépare, je ne suis plus heureuse ». Nous étions en couple depuis 18 ans avec 3 enfants. Je n’aurai jamais imaginé que ça finirait comme ça … que ma progéniture deviendrait un jour « enfants de divorcés ».

Evidemment, il existe toute sorte de drames personnels qui sont bien pires : une maladie grave qui se déclare, le décès d’un être cher. Mais dans tous les cas, nous avons besoin de trouver les ressources pour nous relever et continuer à avancer.

Abandonner n’est pas une option.

Voilà quelques pistes qui ont fait leurs preuves.

Accepter de passer par les étapes du deuil

Face à un drame nous passons tous par les 5 étapes du deuil : le déni, la colère, la tristesse, l’acceptation et la reconstruction.

Être conscient de cela nous aide à accélérer la transition et a en maitriser les effets les plus pervers.

Le déni : vous n’y croyez pas, votre univers ne peut pas s’écrouler comme ça aussi brutalement !  Pendant longtemps je me réveillais la matin et il me fallait quelques secondes pour réaliser que ma vie avait changé, que la personne aimée n’était plus allongée auprès de mois. C’était atroce, comme une lame plongée dans le cœur à chaque réveil.

La colère : c’est la phase la plus délicate, celle pendant laquelle on peut commettre l’irréparable. Savoir que j’allais passer pas cette phase m’a aidé à la maitriser autant que possible mais il y’a quand même eu des moments extrêmement durs de « grande rage nihiliste ». La pratique de la méditation m’a aidé à maitriser cette phase délicate pendant laquelle les émotions font le grand huit.

La tristesse : désormais elle est là, assise au fond de vous. Comme un soleil noir qui absorbe toute votre énergie. Désormais vous vous fichez de tout. J’ai appelé cette phase de ma vie « PRAB » (Plus Rien A Br…). Au travail j’ai prévenu mes supérieurs que je n’allais plus être au top niveau pendant quelques temps. En général ils sont compréhensifs, il ne faut pas hésiter à le faire.

L’acceptation : à un moment, vous vous réveillez le matin et vous savez que votre vie a pris une direction différente. Vous n’avez plus besoin de ces quelques secondes d’adaptation pendant lesquels vous réalisez que votre vie a changé.

La reconstruction : à cet étape, vous réalisez qu’il que la vie continue, que vous êtes toujours vivant, qu’il y’a aussi des bons côtés à votre situation, pour vous à titre personnel ; vous vous remettez à faire des projets, à essayer de trouver des solutions pour retrouver une vie heureuse. C’est le début d’une nouvelle vie, d’une nouvelle saison de votre existence.

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Réaliser que la vie est faite de différentes saisons

Nous devons tous comprendre cela : la vie est faite de différentes saisons et il n’y a aucune raison que ces saisons se ressemblent les unes les autres.

Un jour, le/la jeune homme/femme fougueux, timide, passionné, maladroit du printemps fait place à une quelqu’un de plus stable, plus mature, prête à construire une nouvelle famille. La figure du conjoint remplace désormais celle des parents. Votre printemps fait place à votre été.

C’est la saison des naissances, des enfants petits et tellement mignons, des moments heureux en famille malgré les difficultés financières. C’est le temps des albums photo.

Mais les enfants finissent par grandir et nous entrons de plein pied dans la quarantaine.

J’ai déjà évoqué dans un article la période difficile des 45 ans : c’est l’âge la préménopause pour la femme et de l’andropause pour l’homme. C’est l’âge où, statistiquement, on est le moins heureux dans la vie. C’est aussi la période pendant laquelle il y’a le plus de divorces. 44,6 ans est en effet l’âge moyen du premier divorce.

A un moment vous passez ce cap, avec plus ou moins de difficulté et vous rentrez dans votre saison d’automne. Elle sera forcément différente de votre saison d’été. Et il en sera de même de votre saison d’hiver.

Mais il n’y a aucune raison qu’elle soit moins heureuse, moins épanouissante.

Ca ne dépend que de vous.

Quand un drame nous touche et nous fait changer de saison, nous avons tous un choix à faire : soit laisser la noirceur et la tristesse s’installer dans notre cœur et nous détruire ; soit choisir la voie de ce que la Bible chrétienne appelle les « fruits du Saint-Esprit » : l’Amour, la Joie et la Paix. Chaque mot est important.

Ce n’est pas facile, la tentation nihiliste est forte en chacun de nous mais il est important de comprendre une chose : nous, et nous seuls, sommes responsables de ce choix.

Comprendre que l’obstacle est le chemin

S’il y’a bien une chose incroyable que nous a laissé le monde antique gréco-romain, c’est cette incroyable philosophie de vie qu’on appelle le stoïcisme. Pratiquée par les plus grands et les plus humbles, de l’empereur Marc Aurèle à l’esclave Epictète, la philosophie stoïcienne donne des recettes éprouvés et étonnamment modernes pour traverser les épreuves de la vie.

Elle nous apprend d’abord que « l’obstacle est le chemin », que nous sommes forgés par les épreuves que nous traversons et que nous progressons grâce à ces épreuves.

D’ailleurs, si vous n’avez qu’un seul livre à lire, c’est celui-là : « L’obstacle est le chemin: De l’art éternel de transformer les épreuves en victoires » de Ryan Holiday.

Oui, nous aimerions que notre vie soit pavée de réussites, d’amour et de paix. Que chaque jour ai le gout du miel. Mais la réalité, c’est que nous ne progressons vraiment que dans la difficulté et l’épreuve. Que ce sont les coups que nous recevons qui nous donnent la force de sortir de notre zone de confort pour nous forcer à changer et nous améliorer.

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Avant ma séparation, je m’étais enkysté dans une vie confortable et bien réglée. Je laissais mon poids de forme s’évanouir doucement en lointain souvenir. Je laissais nombreux projets s’ensabler progressivement dans un confortable « je n’ai pas le temps ça peut attendre demain ». Pour de bonnes et de mauvaises raisons, j’étais devenu mou, procrastineur, complaisant.

Mais quand on se retrouve au pied du mur, quand les difficultés s’accumulent dans une vie bien réglée, on doit se lever et agir. On n’a plus le choix.

Les épreuves nous aident à progresser et une fois que nous avons compris cela, notre perception de la situation change radicalement !

C’est ce que nous enseigne la philosophie stoïcienne : vous ne maitrisez pas le drame qui vous tombe dessus mais vous pouvez maitriser votre perception de ce drame et décider que c’est aussi un cadeau du destin.

C’est le coup de pied au derrière qui vous donnera la force de devenir une meilleure version de vous-même, la force de vous attaquer enfin à vos rêves.

« Je sais bien que ça parait peu naturel d’être reconnaissant pour des choses qu’on n’aurait jamais voulu voir se produire, mais nous savons que les occasions et les avantages se trouvent dans les malheurs. Nous savons qu’en les surmontant, nous devenons plus forts, plus aguerris, plus puissants. » Ryan Holiday

Perdre celle qui a été l’amour de ma vie a été une épreuve affreuse mais cette épreuve m’a aussi offert un cadeau inestimable : la liberté. J’ai à nouveau le temps, le courage et l’énergie de me consacrer pleinement à moi-même, de retrouver ma condition physique, de sortir avec des amis, de réaliser les projets qui me tiennent vraiment à cœur et que je repousse depuis des années.

J’ai retrouvé le goût de bâtir, de prendre des risques, de faire des essais, de commettre des erreurs et d’en supporter librement les conséquences.

J’ai repris contact avec des amis divorcés ou célibataires que j’avais négligé pendant des années (les hommes mariés avec enfants n’ont souvent le temps pour rien) et, aujourd’hui, nous travaillons ensemble sur des tas de projets : pratique de nouvelles activités, partir en voyage, monter des sociétés, faire de nouvelles rencontres …

Les stoïciens romains avaient une maxime : « Amor Fati ». « Aime ton destin » quel qu’il soit, dans ses bons et ses mauvais moments.

Un de mes cousins, qui avait perdu sa sœur, s’était fait tatouer ces simples mots, sur l’avant-bras. Ça m’a toujours paru bizarre … Mais maintenant, je comprends pourquoi.

Je vais le faire aussi.

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